Feria de la Madeleine 2026 à Mont-de-Marsan : le guide complet


MERCREDI 22 JUILLET — Corrida d’ouverture

Toros de Jandilla pour Borja Jiménez, Andrés Roca Rey et Marco Pérez

L’élevage : Jandilla

Fondée en 1930 par Juan Pedro Domecq y Núñez de Villavicencio, qui rachète l’ancien fer du Duc de Veragua, la ganadería prend le nom de « Jandilla » en 1983 sous la houlette de Borja Domecq. C’est aujourd’hui l’un des piliers de l’encaste Domecq, réputé pour des toros mobiles, encastés mais nobles, permettant de grandes faenas. Jandilla a aussi servi de base génétique à plusieurs élevages actuels réputés (Fuente Ymbro, Victoriano del Río, El Pilar). Présente chaque année à Madrid, Séville, Pampelune ou Nîmes, c’est une divisa synonyme d’émotion pour l’ouverture d’une feria.

Les toreros

Borja Jiménez (Espartinas, Séville, 1992) — Formé à l’école de tauromachie d’Espartinas dirigée par Espartaco père, il prend l’alternative à Séville en 2015. Sa confirmation à Las Ventas en 2023 marque un tournant : il y est sorti trois fois par la Puerta Grande et occupe depuis 2025 la deuxième place de l’escalafón espagnol. Torero au style serein et classique, sa saison 2025 a été l’une des plus abouties du toreo actuel (57 corridas, 97 oreilles, 6 queues).

Andrés Roca Rey (Lima, Pérou, 1996) — Figure mondiale du toreo depuis près d’une décennie, triple national (Pérou, Espagne, France), il a pris l’alternative à Nîmes en 2015. Meilleur torero du monde selon plusieurs classements ces dernières années, il s’est distingué par une combinaison de puissance, de tempo et d’engagement total. Sa saison 2026 a été marquée par une grave blessure de corne le 23 avril à Séville, suivie d’une convalescence : sa réapparition à Jerez le 15 mai a été suivie de près par toute la presse taurine. Sa présence à Mont-de-Marsan s’inscrit donc dans son retour en piste après cette épreuve.

Marco Pérez (Salamanque, 2007) — L’un des tout jeunes espoirs du toreo actuel. Formé à l’école taurine de Salamanque, il s’est fait remarquer comme novillero (record de précocité) avant de prendre l’alternative à Nîmes le 6 juin 2025, parrainé par Morante de la Puebla avec Alejandro Talavante comme témoin. Sa progression en 2026 a été fulgurante, avec des trophées dans plusieurs ferias espagnoles et françaises dès ses premiers mois de matador.


JEUDI 23 JUILLET

Toros de José Escolar Gil pour Antonio Ferrera, Pepe Moral et Dorian Canton

L’élevage : José Escolar Gil

Fondé en 1981 par José Escolar Gil à partir de reses achetées à Victorino Martín, cet élevage abuléen (Lanzahíta, Ávila) est l’un des trois piliers de l’encaste Albaserrada, aux côtés de Victorino Martín et Adolfo Martín. Réputé pour ses toros exigeants, sérieux et parfois redoutables — robe cárdena dominante, tête étroite en « museau de rat » — José Escolar est une divisa qui impose le respect à Madrid comme à Pampelune, où son toro colle parfaitement à l’exigence de l’aficion locale.

Les toreros

Antonio Ferrera (Ibiza, 1978, formé à Badajoz) — Torero à la carrière hors norme, alternative en 1997 à Olivenza face à des toros de… Victorino Martín, déjà. Spécialiste reconnu des ganaderías dures (Victorino, Adolfo Martín, José Escolar), il s’est forgé une réputation de torero total, aussi à l’aise dans la lutte que dans l’art, notamment au tiers de banderilles où il excelle. Plus de 1000 corridas en carrière, un professionnel taillé pour ce type d’affiche.

Pepe Moral (Los Palacios y Villafranca, Séville, 1987) — Alternative à la Real Maestranza de Séville en 2009. Torero classique et pur, qui a connu des saisons en dents de scie mais reste capable de grandes faenas face aux encastes exigeants — il a notamment gracié un toro de Victorino Martín en 2019. Sa présence face à José Escolar est cohérente avec son goût pour le toro de caste.

Dorian Canton (né à Pau, élevé à Asson, Béarn) — Le premier matador béarnais de l’histoire, 67e torero français, formé notamment à Mont-de-Marsan. Son alternative, initialement prévue à Bayonne, a finalement eu lieu à Villeneuve-de-Marsan le 6 août 2019, à seulement 18 ans. Torero régional par excellence, sa présence à la Madeleine est un rendez-vous naturel avec son public local — un angle fort pour votre couverture.


VENDREDI 24 JUILLET

Toros de Zacarías Moreno pour Miguel Ángel Perera, David de Miranda et Tristan Barroso

L’élevage : Zacarías Moreno

Ganadería créée en 2000 (initialement annoncée « La Gloria »), rachetée en 2008 par son propriétaire actuel Zacarías Moreno, qui la reforme avec des vaches et sementales d’El Ventorrillo, puis de Garcigrande et de Daniel Ruiz. Basée à Guadalix de la Sierra (Madrid), c’est une ganadería jeune mais en progression constante, portée par la recherche de classe et de mobilité chez le toro — Zacarías Moreno lui-même parle de « flexibilité » comme signature de son élevage. Une tarde à Bayonne a marqué l’histoire récente de la maison comme l’une des plus belles de sa jeune carrière de ganadero.

Les toreros

Miguel Ángel Perera (Puebla del Prior, Badajoz, 1983) — Une des références du toreo espagnol depuis 20 ans. Alternative en 2004 à Badajoz par El Juli, double Puerta Grande à Las Ventas en 2008 — un exploit rare. Style basé sur la puissance, le dominio et un tempo profond, sans esbroufe. Habitué des ganaderías exigeantes, il reste un nom capable de mettre une feria en émoi.

David de Miranda (Trigueros, Huelva, 1993) — L’un des toreros espagnols les plus méritants de sa génération. Alternative en 2016 à Huelva des mains de José Tomás, confirmation à Las Ventas en 2019 conclue par une Puerta Grande. Après une grave blessure en 2017 qui freine son ascension, il revient au premier plan jusqu’à devenir le grand triomphateur de Séville avec la Puerta del Príncipe. Son toreo, sincère et profond, repose sur le courage, le temple et une grande capacité à dominer les toros les plus exigeants.

Tristan Barroso (Madrid, 2004) — Figure montante de la nouvelle génération espagnole. Formé à l’École Taurine de Badajoz, il s’est imposé parmi les meilleurs novilleros avant de prendre l’alternative à Arles en 2025, avec Sebastián Castella comme parrain. Torero classique au geste pur et à la technique raffinée, il séduit par son calme, sa maturité et son élégance. Considéré comme l’un des jeunes matadors les plus prometteurs, il ambitionne désormais de s’installer durablement dans les cartels des grandes ferias.


SAMEDI 25 JUILLET

Matin — Novillada piquée

Novillos de José Cruz pour Emiliano Osornio, Julio Norte et Clovis

L’élevage : José Cruz

Ganadería du campo charro (Ciudad Rodrigo, Salamanque), fondée par Joselillo Cruz — qui rêvait d’être torero avant de devenir ganadero — et aujourd’hui dirigée par son fils Rafael Cruz. Issue génétiquement de Jandilla via Daniel Ruiz, elle est parfois surnommée « les Jandilla du campo charro ». Élevage reconnu pour ses novilladas de qualité dans les grandes ferias françaises et espagnoles (Bilbao, Valence, Séville, Madrid), avec un succès marquant : le novillo « Escondido », gracié en piste à Madrid.

Les toreros

Emiliano Osornio (Mexique, né en 2003/2004) — La révélation novilleril de 2025 : triomphes à Arganda del Rey et vainqueur du prestigieux Zapato de Oro d’Arnedo. Apoderado depuis peu par le maestro Curro Vázquez, il s’inscrit dans la lignée des novilleros mexicains venus chercher la consécration en Europe, avec Roca Rey comme modèle assumé. Sa présentation à Séville début 2026 a confirmé son statut de nom à suivre de très près cette saison.

Julio Norte — Novillero ayant fait ses débuts avec picadors à Séville aux côtés d’Osornio, où il a coupé deux oreilles. Nom encore en pleine ascension dans le circuit novilleril, à confirmer aux dernières nouvelles avant publication.

Clovis (Clovis Germain) — Novillero nîmois né vers 2008-2009, membre de l’école taurine de Béziers, qui partage son temps d’entraînement entre Garons, Béziers… et Mont-de-Marsan, un lien local à souligner dans votre reseña. Révélation de la temporada 2025-2026 : triomphe à la feria de Nîmes (deux oreilles et queue lors d’une non-piquée à 16 ans), vainqueur de la Cape d’Or à Nîmes en mai 2026 lors de ses débuts en novillada piquée. Un des noms les plus prometteurs du toreo français actuel.

Après-midi — Encerrona de Daniel Luque

Toros de Juan Pedro Domecq, La Quinta, El Parralejo, Victoriano del Río, Adolfo Martín et Fuente Ymbro pour Daniel Luque, seul face aux six toros

C’est le grand rendez-vous de cette Madeleine 2026 : une encerrona (un seul torero face à six toros) mêlant six élevages différents et prestigieux, tous issus ou proches de la lignée Domecq (à l’exception d’Adolfo Martín, de souche Albaserrada). Un défi de résistance physique et de constance artistique exceptionnel.

Daniel Luque (Gerena, Séville, 1989) — Alternative à Nîmes en 2007 par El Juli. Inventeur du pase « La Luquesina » en 2009, devenu sa signature. Après des années de traversée du désert, Luque connaît depuis 2022-2023 la période la plus aboutie de sa carrière : Puerta del Príncipe à Séville en 2022 et 2024, triomphes répétés à Madrid, Bilbao et Pampelune. Torero du dominio et du temple, capable d’une régularité rare sur des encierros complets — exactement le profil taillé pour une encerrona de cette envergure.


DIMANCHE 26 JUILLET — Corrida de clôture

Toros de Victorino Martín pour Morenito de Aranda, Román et Juan de Castilla

L’élevage : Victorino Martín

L’un des fers les plus mythiques de la tauromachie contemporaine. Fondé en 1912 par le Marquis d’Albaserrada, racheté en 1965 par Victorino Martín Andrés, dont le fils Victorino Martín García dirige la ganadería depuis 2010. Encaste Albaserrada pur, réputé pour des toros durs, encastés, à la fixité redoutable — historiquement surnommés « alimañas » (bêtes féroces) pour leur exigence. Une divisa qui impose le respect et clôt idéalement une feria en beauté, comme le veut la tradition à Mont-de-Marsan.

Les toreros

Morenito de Aranda (Jesús Martínez Barrios, Aranda de Duero, Burgos, 1985) — Sans aucune origine familiale taurine, il se forme à l’école de sa ville natale et prend l’alternative à Valladolid en 2005. Torero réputé pour sa sensibilité et sa fidélité à une tauromachie pure, souvent salué par la critique comme l’un des toreros les plus harmonieux du escalafón actuel. Habitué des grandes ganaderías dures, il est un nom cohérent pour affronter du Victorino Martín.

Román (Román Collado Gouinguenet, Valence, 1993, double nationalité franco-espagnole) — Formé à l’école de tauromachie de Valence dès 12 ans, alternative à Nîmes en 2014 parrainée par El Juli. Sorti à deux reprises par la Puerta Grande de Las Ventas, dont une fois en 2017 face à un lot exigeant. Torero apprécié pour sa franchise et son engagement sans artifice.

Juan de Castilla (Juan Pablo Correa Sánchez, Medellín, Colombie, 1994) — Parcours atypique : issu d’un quartier populaire de Medellín, il vient se former en Espagne (installé à Fuentelencina) et prend l’alternative dans sa ville natale en 2017, parrainé par Enrique Ponce avec Roca Rey comme témoin. Confirmation à Madrid en 2023. Torero courageux, plusieurs fois blessé gravement (dont une double cornade sévère à Bayonne), représentant de la nouvelle génération de toreros colombiens en Europe.

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