
Chaque 15 août, les arènes de la Monumental des Pins s’éveillent pour la grande journée taurine des Fêtes de Roquefort. Cette bourgade des Landes d’Armagnac, située à vingt kilomètres à l’est de Mont-de-Marsan, vit au rythme de la tauromachie depuis des générations — et cette édition 2026 ne déroge pas à la tradition avec une journée complète en deux actes.
Le matin : erales d’Alma Serena et de L’Astarac pour Guirado et Julio Martin
Dès 11h, les arènes de Roquefort ouvrent leurs portes avec la novillada matinale. Les erales de l’Astarac et d’Alma Serena — élevage récompensé du Prix de la meilleure novillada lidiée dans le Sud-Ouest en 2025 — seront affrontés par Israel Guirado et Julio Martin. Jules Dujols de son vrai nom, pensionnaire de l’école taurine Adour Afición fondée par le maestro Richard Milian, Julio Martin connaît bien ces deux élevages pour les avoir déjà affrontés cette saison. Un moment de tauromachie populaire et vivante, accessible à tous les publics, avant la grande novillada de l’après-midi.
Samedi 15 août à 11h — Arènes La Monumental des Pins, Roquefort
L’après-midi : six novillos de Turquay pour Hargous, Hurtado et Lopez Ortega
La grande novillada de l’après-midi est sans doute l’une des plus intéressantes de cet été landais, notamment du côté de l’élevage.
La Ganadería Turquay : le sang Buendía des Alpilles
Emmanuel Turquay est un éleveur dévoré par l’afición qui n’a pas choisi la voie la plus simple. C’est vers l’encaste Santa Coloma dans sa ligne Buendía qu’il a décidé d’avancer, dans une France taurine qui compte extrêmement peu d’éleveurs de ce sang complexe et racé. Fondée en 1978, la ganadería Turquay a d’abord débuté avec du bétail de ganaderías locales, avant d’être reconstituée à partir d’un sementar et de vaches de Pablo Mayoral. Pour donner davantage de moteur à son cheptel, Emmanuel Turquay a rafraîchi avec du sang pur Buendía, censé apporter davantage de mobilité à son bétail en piste. Des novillos gris aux robes variées, fins de type, avec de la caste et un moteur qui se réveille dans les tercios — exactement le bétail qui permet au toreo de s’exprimer pleinement.
Clément Hargous : le Bordelais en pleine confirmation
Natif de la région bordelaise, Clément Hargous a été durant quatre ans l’élève de Richard Milian avant de rejoindre le Centre Français de Tauromachie de Nîmes. La novillada de Millas lui a donné sa chance l’an passé et il a su la saisir en sortant en triomphe après avoir coupé trois oreilles. Enjoué, déterminé et avec plein d’alegria, ce succès lui a permis cette saison d’être au cartel de Tarascon, Boujan-sur-Libron et Roquefort. On l’a vu à Soustons le 8 août avec une belle prestation. À Roquefort, chef de lidia face aux Turquay, il voudra confirmer que sa saison 2026 est bien celle de la consolidation.
Jorge Hurtado : le Colombien qui monte
Jorge Hurtado est l’une des révélations colombiennes de ces dernières saisons en Europe. Son nom figure au cartel de San Sebastián de los Reyes fin août 2026 aux côtés d’Emiliano Osornio et Álvaro Serrano — une affiche qui dit beaucoup de sa progression dans l’escalafón novilleril. Son toreo engagé et sa capacité à s’adapter à différents types de bétail en font un profil intéressant face aux Turquay, dont l’encaste Buendía réclame précision et temple.
Santiago Lopez Ortega : la révélation mexicaine du Circuito de Madrid
Né à Chihuahua le 26 octobre 2005, Santiago Lopez Ortega a débuté le 10 août 2022 à la Plaza de toros d’Alcalá del Júcar, coupant quatre oreilles dès sa première sortie. Il a débuté avec picadors en août 2025 à la Plaza de toros de Málaga, avant de s’imposer comme l’une des révélations du Circuito de Novilladas de la Comunidad de Madrid 2026, coupant une oreille en classificatoire à San Agustín del Guadalix et une autre en demi-finale à Villarejo de Salvanés. Il est arrivé en finale à Chinchón avec la satisfaction du travail bien accompli, soulignant lui-même que son atout principal est « l’entrega et l’intention de torear bien sans abandonner son concept ».
En France, il s’est déjà présenté à Millas — où il figurait au cartel aux côtés de Clément Hargous et Mario Vilau sur des novillos issus des élevages Yonnet, Jalabert, Taurelle, San Sebastian, Raphaël Chaubet et La Golosina. À Roquefort, il remplace Juan Pablo Ibarra, contraint de déclarer forfait sur blessure, et retrouvera son compagnon de Millas Clément Hargous. Un duel franco-mexicain qui promet.
Samedi 15 août à 18h — Arènes La Monumental des Pins, Roquefort